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Pour remonter aux origines préhistoriques et paléoberbères du peuple touareg, les spécialistes font appel à deux
grandes catégories de sources: celle de l'archéologie et celle de l'histoire de l'Antiquité. Les sources archéologiques sont la paléo-anthropologie (l'étude des restes osseux des monuments funéraires et l'art rupestre. Les sources historiques disposent de l'iconographie égyptienne et des témoignages des auteurs gréco-Iatins. Les architectures funéraires sahariennes se comptent par milliers] mais malgré l'excellente étude réalisée sur celles du Sahara méridional (Niger)  et secondairement celles du Tassili des Ajjer celles-ci n'ont pas encore livré tout leur potentiel de connaissances, notamment sur le type anthropologique physique des anciens Berbères qui y ont été inhumés. Les sources paléo-anthropologiques ne sont certes pas négligeables dans la région du Maghreb où des nécropoles ont livré quelques centaines de squelettes entiers de Mechtoïdes (Hommes des sites éponymes de Mechta-Afalou, en Algérie) et de Pro méditerranéens Capsiens (Hommes du site éponyme de Gafsa, en Tunisie). Mais, au Sahara où les collections sont plus réduites, éparses ou en attente d'analyses, iI est encore difficile d'avoir une vision claire
des ancêtres possibles quoique nous sachions déjà que, là aussi, le peuplement des temps préhistoriques se partageait
entre Mechtoïdes et Protoméditerranéens. Au Sahara central, dans les régions où le peuplement Touareg
s'établira (Adrar des Ifoghas, Ahaggar Tassili des Ajjer, Tadrart Acacus et Tadrart méridionale, Air)
la reconstitution de ce long cheminement historique et l'approche des lointains ancêtres des Touaregs doivent
presque tout à l'archéologie, notamment l'art rupestre. Sans cet art, nous ne saurions que peu de choses sur les
Premiers Berbères, sur leur apparence physique et leur vie quotidienne, leurs sociétés ou leur culture matérielle.
Avec l'Antiquité, les témoignages écrits des auteurs gréco-Iatins (Hérodote, Strabon, Pline, Procope, Corippe ...),
ainsi que des éléments historiques émanant du Proche-Orient, du monde égéen, des empires carthaginois et romains, mais aussi de l'iconographie de l'Egypte prédynastique et pharaonique vont apporter, à leur tour, une somme de connaissances; celles-ci, souvent recoupent les données archéologiques.

Au Sahara central, les premiers Berbères apparaissent dès le Néolithique, la dernière et la plus brillante des civilisations du Sahara. On les appelle "les Protoberbères bovidiens" et leurs premières traces se manifestent vers 7000 ans environ. Ils vont évoluer en populations que l'on désigne sous le nom de "Paléoberbères", les Libyens et Garamantes de l'Antiquité.
Ils correspondent, dans le temps au début de l'Antiquité. D'autres vagues de migrations berbères se succèderont
durant la période médiévale et moderne, notamment les grandes tribus chamelières Sanhadja qui fuient les
conquêtes musulmanes pour s'établir au Sahara. Elles vont se sédimenter à la souche préhistorique et antique pour
constituer la trame du monde touareg tel que nous le connaissons aujourd'hui. Ce cheminement historique millénaire
résistera à toutes les adversités dont la plus éprouvante fut celle de survivre à l'âpreté du désert où le choix de
rester libre guida ces nomades irréductibles.

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Extrait du livre de l'historienne: Malika Hachide 

Suite demain.