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 Quand, nous partions en "brousse", au cours de nos ballades, sur les différentes pistes que nous empruntions, il arrivait très souvent de voir des gazelles, courir devant notre véhicule, et combien de fois j'ai eu envie de les poursuivre ? Mais sachant ce qui était arrivé à trois amis de travail, suffisait pour nous dissuader de ne rien faire.
 La chasse à la gazelle est interdite sous toutes les formes, par le gouvernement, sauf pour les militaires qui sont en patrouille dans le sahel, et qui leur procure de la viande fraîche. Et qu'elle viande! J'ai eu l'occasion d'en manger grillée comme un mouton, avec des connaissances touarègues de la tribu des Kel Aïr. Le fils de leur chef était un de mes amis. Tendre comme du beurre avec en plus un goût de noisette.Un délice.

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Voilà donc que nos trois compères, avaient en possession et je ne sais comment, un fusil et des munitions.

Ils sont partis un beau jour, avec l'intention de tuer quelques gazelles pour faire un gueuleton.Arrivée dans la zone prévue, la recherche commençe. Les deux premières en vue, ils entament la poursuite qui consiste à épuiser la gazelle jusqu’à la chute et le cœur qui lâche. Et d'une, et de deux, ils continuent leur recherche. En voilà d'autres, et elles partent dans tous les sens. Alors le "petit" décide d'en  tirer une car la course et les secousses sont épuisantes pour les trois compères, et les amortisseurs du véhicule. Il se penche à la portière, épaule le fusil, cherche la cible avec difficulté car les chaos rendent la visée difficile. Mais un talweg peu visible fait perdre le contrôle au chauffeur, et le 4X4 se renverse sur la droite. Le pauvre petit se retrouve coincé hors de la portière, et le moment fatal ne se fait pas attendre. Il est mort! 

ils creusent un trou, y déposent le fusil et les carcasses des bêtes, et les recouvrent de sable.

 Ils réussissent à redresser leur Toyota, et la peur au ventre ils rentrent sur Arlit.

 Et ils narrèrent à certains de leurs intimes ce qui était vraiement arrivé.

 Il sera dit aux autorités de la ville et de la mine qu'ils avaient eu un accident. Et comme il se doit,nous avons mon ami Jean et moi  procédé dès le lendemain à la mise en biere aprés autopsie par les docteurs.

 Pendant ce temps,la mairie et la gendarmerie,demandèrent à un Guide méhariste chevronné d'aller faire une reconnaissance. Et à son retour,il les informa avoir trouvé les carcasses des gazelles et le fusil.                             

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C'est ainsi que les deux autres se retrouvèrent en prison. Les pauvres ont du souffrir, car au Niger, la prison c'est arrosage des prisonniers la nuit, pas d'eau durant la journée, et vous faites vos besoins dans le même espace qui vous est alloué pour dormir à même le sol.

La direction de la mine a ,à plusieurs reprises, fait des demandes de rappatriment, mais je n'ai jamais su ce qu'ils étaient devenus.Le gouvernement de l'époque (VGD'E) n'a pas levé le petit doigt en leur faveur.